Mon enfant se frappe volontairement !

Certains jeunes enfants se cognent la tête ou se frappent les mains de façon volontaire. Ce comportement, parfois inquiétant pour les parents, est assez fréquent. Tour d’horizon des causes possibles et des comportements à adopter…

Pourquoi l’enfant se frappe-t’il ?

La Krouomanie désigne le fait pour un enfant de se taper la tête sur une surface dure de façon régulière et en rythme. Plusieurs raisons expliquent ce type de comportement chez les jeunes enfants.

La gestion des émotions

Les jeunes enfants, et notamment avant l’acquisition du langage, font face à des difficultés pour exprimer ce qu’ils ressentent. Avec un cerveau encore immature, leurs émotions sont intenses et difficiles à réguler. Adopter un comportement physique est parfois pour eux le seul moyen d’exprimer un besoin ou d’évacuer une frustration. En se cognant la tête, se mordant, en s’arrachant les cheveux, se pinçant, etc… l’enfant cherche à soulager cet excès d’émotion mais aussi se distraire de ce ressenti désagréable.

L’auto-réconfort

Il a été démontré qu’un comportement régulier et rythmé sécurisait les tout-petits, tel que le battement du cœur de la maman. En se cognant la tête de façon continue et régulière par exemple, le jeune enfant cherche à s’apaiser et se détendre. Même si ce comportement peut sembler violent du point de vue d’un adulte, l’enfant ne va pas jusqu’au point de se faire mal et cette action rythmée est en fait un moyen de se rassurer.

La recherche de l’attention

En voyant l’enfant adopter ce type comportement, il est très fréquent que les parents réagissent et portent toute leur attention sur l’enfant, en essayant de stopper cette attitude par exemple. L’enfant comprend donc qu’en se cognant ou se frappant, il obtient ce qu’il souhaite à ce moment, c’est-à-dire l’attention de ses parents.

Le soulagement de la douleur par la douleur

C’est une théorie de la douleur connue que les enfants s’appliquent à eux-mêmes. Lorsqu’ils souffrent, que ce soit une maladie, une poussée dentaire ou autres, les jeunes enfants essaient de se détourner de cette douleur en en créant une autre qu’il maîtrise.

Les troubles du développement

Lorsque ce comportement est associé à d’autres attitudes tels qu’un manque d’interaction avec ses parents, si l’enfant ne se retourne pas quand on l’appelle ou ne regarde pas dans les yeux, il faudra envisager des examens complémentaires pour déceler potentiellement des troubles du développement ou de l’autisme. Souvenez-vous cependant que sans autres symptômes, il n’y a pas d’inquiétude à avoir.

Comment réagir ? Nos conseils…

  • Tout d’abord, assurez-vous que bébé ne se fasse pas réellement mal. Bien souvent en adoptant ce comportement, il cherche aussi ses limites corporelles et découvre de nouvelles sensations. Et même si ses gestes nous semblent violents et douloureux, ne vous inquiétez pas à outrance : il saura s’arrêter bien avant de se faire mal.

  • Essayez de comprendre la cause. Vous pouvez tenir un journal en prenant notes des moments où votre enfant agit de la sorte, ce qu’il s’est passé avant et après. Essayez d’être le plus objectif possible en indiquant les éléments déclencheurs, ce que l’enfant a obtenu à la suite de ce comportement etc… Cela vous permettra d’identifier la cause. Vous observerez par exemple que l’enfant adopte ce comportement lorsqu’il est fatigué, qu’il a faim, qu’il souffre des dents…

  • Accordez un maximum de temps et d’attention à votre enfant, que ce soit des câlins, des jeux, des lectures, des promenades, et notamment lorsqu’il ne se fait pas violence. Voyez si vous constatez une diminution de ces épisodes, et cela indiquera tout simplement que votre enfant a besoin de passer du temps avec vous.

  • Si c’est lorsqu’il est en colère que votre enfant se frappe, essayez de l’accompagner dans la gestion de ses émotions en trouvant d’autres moyens de les évacuer. Avec une attitude bienveillante et sans jugement, mettez des mots sur ce qu’il ressent afin de l’aider à comprendre et distinguer ses émotions. Une fois la crise passée, n’hésitez pas à en reparler avec lui.

  • Vous constatez que bébé aime les rythmes réguliers. Vous pouvez alors trouver d’autres moyens pour lui apporter cette sécurité et réassurance que cela lui confère. Une musique rythmée, un jeu de mains ou une danse régulière, un métronome, peuvent apaiser bébé avant le sommeil.

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