Faut-il arrêter d’asseoir les bébés ?

Souvent, les parents se demandent comment faire en sorte pour que leur bébé se développe le mieux possible sur le plan moteur. Ou tout simplement, comment faire pour ne pas entraver ce développement. Beaucoup de fausses croyances circulent sur le sujet. Faisons le point sur la position assise chez le bébé.

Le corps de bébé à la naissance

Vous l’avez remarqué, le corps du bébé est “tout mou” à la naissance. Le tonus du nouveau-né est en effet faible au cours des premiers mois. Ses articulations sont très souples. Un tonus faible et une bonne souplesse sont indispensables à sa survie dans l’utérus et durant l’accouchement par voie basse.

Au fil des mois, le tonus de bébé va tout naturellement augmenter. Cela se fait en partie spontanément, sans aucune intervention extérieure des parents ou du milieu. D’autre part, bébé va aussi gagner en motricité : le bébé va bouger de plus en plus volontairement et acquérir de nouvelles compétences. Les gains de motricité comme de tonus peuvent être théoriquement entravés si bébé est laissé tout le temps dans la même position.

Les positions à éviter : aucune !

Vous l’aurez compris : le problème n’est pas de mettre bébé dans telle ou telle position, mais tout simplement de le laisser tout le temps dans la même position. Un bébé qui passerait tout son temps d’éveil et de sommeil allongé à plat sur le dos pourrait avoir effectivement des problèmes. Le tonus du tronc ne serait pas assez sollicité, et la pression exercée par la pesanteur sur sa tête contre le matelas pourrait majorer une tête plate. Idem pour un bébé qui passerait tout son temps assis : la pression exercée sur les fesses pourrait être problématique, en plus de sa position hanches fléchies.

Mais cela est un cas théorique. En pratique, aucun bébé ne passe 24 heures par jour allongé sur le dos ou assis dans un transat ! Spontanément, la plupart des parents ont les bons réflexes. Bébé est dans différentes positions au cours de la journée : dans les bras, dans son lit, sur un tapis d’éveil, dans un transat, dans un cosy, dans une nacelle, sur le canapé, dans le porte-bébé ou l’écharpe de portage, dans le bain… autant de lieux qui modifient partiellement ou beaucoup la position de bébé, et c’est très bien !

Il n’y a donc pas de danger à laisser parfois bébé assis dans un transat ou autre endroit, tant que l’endroit est sécuritaire.

L’importance de varier les positions

Nous l’avons vu, spontanément les parents changent bébé de position au cours de la journée, ne serait-ce que pour assurer les soins courants. Mais certains parents souhaitent tout de même porter plus d’attention à la façon d’installer bébé.

À ces parents-là on peut simplement recommander de positionner bébé dans différentes positions durant les moments d’éveil : sur le ventre, sur le dos, dans un transat, dans un porte-bébé, etc. La seule condition est que bébé soit en sécurité, protégé des risques de chute ou de la présence d’animaux domestiques par exemple. Il n’est bien sûr pas nécessaire de chronométrer le temps passé par bébé dans ces différentes positions. Au début, bébé ne passera que quelques minutes (parfois seulement 1 ou 2) sur le ventre : peu importe ! Il augmentera petit à petit ses temps d’éveil et aussi ses temps passés sur le ventre.

On peut asseoir les bébés… un peu !

Asseoir bébé durant la journée n’est donc pas en soi un problème. Cela n’empêchera pas votre bébé de passer par tous les stades de développement moteur habituel (sauf si bien sûr il souffre d’une pathologie) : retournements latéraux puis sur le ventre et le dos, avant d’entamer les déplacements.

Lorsque le tonus du tronc est suffisant, mais que bébé ne sait pas s’asseoir seul, il est possible de le mettre assis si on le souhaite. Là encore, le seul risque est sécuritaire : il faut veiller à ce que bébé ne tombe pas de l’endroit où il est assis, ou ne se fasse pas mal en tombant vers l’arrière ou sur les côtés. Mais aucun risque pour son développement moteur !

Il n’y a aucune étude ou cas recensé par les professionnels de santé qui permettraient d’établir un lien entre un retard pathologique de développement moteur et le fait que bébé ait été assis durant ses premiers mois de vie.

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