Éviter les écrans avant 3 ans

Alors que les écrans, que ce soit la télévision, les tablettes ou les smartphones, font partie de notre quotidien, de nombreuses études et de récentes recommandations indiquent qu’ils sont néfastes au développement des enfants et doivent être évités au maximum.

Les recommandations

Nombreuses institutions et directions de santé publiques à travers le monde publient régulièrement des études depuis les dix dernières années fournissant toutes des résultats similaires : l’exposition des jeunes enfants aux écrans nuit à leur développement.

Le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) en France, par exemple, bannit les écrans pour les tout-petits de moins de 3 ans à travers sa campagne de sensibilisation annuelle.

Il en est de même de l’autre côté de l’Atlantique. Au Canada, la SCP (Société Canadienne de Pédiatrie), les Directives canadiennes en matière de comportement sédentaire et la Direction Régionale de Santé Publique de Montréal mettent un point d’honneur au fait qu’un enfant de moins de 3 ans ne devrait pas être exposé à un écran, quel qu’il soit. Aux Etats-Unis, l’Académie Américaine de Pédiatrie (AAP) préconise que l’utilisation des écrans ne devrait se faire qu’à partir de 18 mois ou seulement dans un cadre interactif (comme Skype ou FaceTime par exemple).

L’impact des écrans

De nombreuses recherches ont désormais démontrées que la télévision a un effet nocif sur le développement cognitif et social des jeunes enfants. Devant la télévision, le jeune enfant est passif. Il est spectateur d’un enchainement d’images, de sons, de lumières, de couleurs très rapides qui sont bien supérieurs aux stimulations nécessaires pour son âge. La capacité de concentration d’un enfant est alors impactée.

Cette attitude passive conduit également à un risque de surpoids et d’obésité dû à la sédentarité imposée par l’utilisation des écrans. Passer du temps devant la télévision réduit incontestablement le temps disponible à l’enfant pour jouer, bouger, courir, grimper. Ces activités physiques sont indispensables à son développement physique mais aussi cognitif.

Enfin, il existe un lien entre la surexposition aux écrans et les troubles du sommeil et du langage. La sur-stimulation imposée par les écrans affecte le cerveau des enfants. Les capacités d’endormissement mais aussi la qualité du sommeil sont impactés. Concernant le langage, son apprentissage se fait grâce aux interactions avec des adultes qui s’adressent directement à l’enfant. En prononçant les sons, les mots, et en les répétant, l’enfant s’approprie le langage et enrichit son vocabulaire avec l’aide de l’adulte.

Le développement des enfants

Durant ses premières années de vie, l’enfant a besoin de construire ses repères spatiaux-temporels en impliquant et confrontant ses cinq sens avec l’environnement qui l’entoure.

Il est important qu’il entre en interaction avec son entourage, que ce soit lors de moments de jeux, de lecture, de promenade. Tous ces moments partagés favorisent sa sociabilité, son apprentissage de la langue mais aussi ses capacités psychomotriciennes puisqu’un enfant se développe majoritairement par imitation. Il est aussi primordial qu’il puisse manipuler, toucher, expérimenter son environnement en trois dimensions avec ses dix doigts.

Alors même si les écrans sont parfois proposés dans un cadre instructif chez les jeunes enfants, rien ne remplace le contact humain et l’expérimentation par l’enfant lui-même de son environnement. Si regarder ou jouer avec un écran fait partie des habitudes des familles, il est au moins recommandé aux parents d’interagir avec l’enfant sur ce qu’il a vu et compris.

La télévision et les autres

La tablette est souvent perçue comme un outil de jeu et d’apprentissage plutôt qu’un réel « écran ». Même s’il existe de nombreux programmes pour enfants disponibles sur tablette, cet outil numérique reste un écran à part entière. Sans pour autant bannir son utilisation, il est fortement recommandé de contrôler d’une part les activités effectuées par l’enfant, mais aussi et surtout le temps d’utilisation.

Des programmes adaptés

Certaines études ont démontré que laisser la télévision allumée dans la pièce, même si l’enfant ne la regarde pas assidument, reste néfaste pour son développement. Les dangers seraient en fait les mêmes que pour un enfant qui regarde la télévision consciemment.

De même, les programmes à destination des adultes sont clairement contre-indiqués pour les jeunes enfants. Ces derniers observent avec leur œil d’enfant ; leur cerveau n’a pas la maturité pour analyser et intellectualiser ces programmes de la même façon qu’un adulte. En d’autres termes, un contenu télévisé qui semble anodin pour un adulte peut tout aussi bien être traumatisant pour un enfant. C’est donc à l’adulte d’être vigilant et éventuellement d’échanger avec l’enfant en toute bienveillance sur ce que ce dernier a pu percevoir.

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